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Des robots ou des hommes…

Article de M. Roland Walter - ancien Professeur associé à Dauphine, intervenant à l'ESSEC

Notre société est en pleine mutation : du temps de la révolution industrielle les changements techniques survenaient peu à peu ce qui laissait du temps à ceux qui les utilisaient la possibilité de s’adapter progressivement...

 

 

... Comme toujours des travailleurs n’y parvenaient pas, ils étaient exclus, mais ils étaient en nombre limité, les unités de production étant plus petites quant aux exclus au chômage, ils essayaient de survivre.

Qui travaillera et comment dans quelques années ? Il est difficile de répondre avec précision, mais certaines tendances se précisent, plutôt inquiétantes.

  • Les techniques continuent de se perfectionner faisant apparaître de plus en plus l’écart entre « ceux qui savent et les autres ». Un monde de plus en plus coupé en deux : les tenants des techniques toujours plus sophistiquées et ceux qui vivent de petits boulots mal payés (1). Une nouvelle technique se développe de plus en plus, «celle des robots» qui remplacent l’intervention des travailleurs pour accomplir leurs taches. Il y a ceux qui les conçoivent et ceux qui perdent leur emploi, condamnés à quoi : chômage et misère. Comme pour les canuts de Lyon en 1830, la révolte contre un monde où ceux qui savent, généralement à l’aise financièrement, forment une élite à part, alors que se fait jour un nouveau « lumpenproletariat ». Notre monde vieillit, comment se comporteront ces exclus ? violence ou repliement sur soi ?
  • La technique a de belles perspectives (avions, voitures, conquête spatiale…) mais ce n’est pas certain car, parfois, les nouveaux produits sont condamnés. Exemple : une nouvelle couche  de salariés a fait son apparition en Grande Bretagne où certaines activités sont assurées pour des salaires de misère, par des travailleurs sans formation, souvent des immigrés, mais qui ont besoin d’un minimum vital et dans cette situation les hommes coûtent moins chers que les machines. Ainsi à Stratford sur Avon les voitures sont lavées à la main et les laveries automatiques ont disparu, installation, entretien étant trop onéreux (2).

On est en présence d’un monde multipolaire qui n’a pas trouvé son équilibre, les travailleurs dès qu’ils paraissent trop âgés sont éliminés, de même que les machines si elles sont trop chères…La transition écologique créera des emplois, mais pour combien de temps ? Le salaire minimum est-il la solution, les expériences actuelles ne sont pas convaincantes.

  1. Le livre de David Graeber « Bullshit jobs », les emplois de merde. Editeur : les liens qui libèrent ;
  2.  Le Monde du 5 décembre 2019 « Les hommes moins chères que les machines ».