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Bientôt un SMIC européen…

Article de M. Roland Walter - ancien Professeur associé à Dauphine, intervenant à l'ESSEC

Madame Von der Leyen relance une vieille affaire, a-t-elle des chances d’aboutir ? on parle du SMIC européen depuis 1993...

 

 

... à l’époque c’était la Commission de l’Emploi du Parlement Européen qui « avait suggéré que les Etats membres mettent place pour des mécanismes pour la fixation de salaires par voie législative ou liés au salaire moyen national » Jean  Claude Juncker, Président de la Commission avait déclaré de son coté, que « Chaque Etat membre devait introduire un salaire minimum adapté à ses pratiques nationales de négociations salariales et à ses conditions économiques « . Rien n’a abouti jusqu’ à la déclaration de Madame Von der Leyen.

D’après les informations recueillies par le journal Le Monde (1) la procédure comprendrait plusieurs étapes avant d’être soumises au Parlement et aux Etats membres. Actuellement la plupart de ceux-ci ont un salaire minimum sauf : le Danemark, l’Italie, Chypre, la Finlande, la Suède, l’Autriche. Ces pays considèrent que cette question ne relève pas de la compétence de l’UE, les pays nordiques étant particulièrement hostiles à la mise en place d’une directive dans ce domaine. Il faut noter qu’à part les six, le salaire minimum des autres membres varie de 1 à 7 : 286 € en Bulgarie, 1521€ en France et 2071€ au Luxembourg. Cette comparaison doit être prise avec précaution car il faut tenir compte du style de vie et du coût de la vie. Comme a déclaré le Commissaire à l’Emploi « Il ne s’agit ni de fixer un salaire européen uniforme, ni d’obliger les pays à introduire un salaire minimum, mais un instrument juridique pour garantir que les travailleurs gagnent suffisamment pour subvenir à leurs besoins ».

La Présidente de la Commission a raison sur le principe, mais on peut craindre qu’avec son goût de tout légiférer elle ne se heurte à l’opposition de certains pays refusant d’accepter la directive. Pourquoi ne pas laisser les pays nordiques conserver un système de négociations souples par conventions collectives qui leur convient, et qui est une procédure démocratique ? En revanche, il serait certainement bon que la Présidente revoit les mécanismes des pays de l’EST, lesquels considèrent que cette affaire n’est pas du ressort de l’Union. Les discussions vont certainement évoluer, mais souhaitons qu’elles ne s’enlisent pas dans des chemins sans issue. Il faut encore attendre quelques mois…

  1. Le Monde 16.01.2020.