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Travailler avec un handicap…

Article de M. Roland Walter - ancien Professeur associé à Dauphine, intervenant à l'ESSEC

Handicap de naissance, handicap dû à une maladie ou à un accident ? On les classe en handicap moteur ou psychique, quelle que soit l’origine, ceux ou celles qui en sont atteints voient leurs vies obscurcies par la maladie mais surtout par le regard des autres : peu  compréhensif à leur égard quand il n’est pas hostile...

 

 

... Peut- être la peur de la contagion ou de la mort ? D’après les informations recueillies par la   presse il y aurait actuellement en France plus de 500 000 personnes handicapées inscrites à Pôle Emploi pour 3,5 % travaillant dans le secteur privé.

Et pourtant on ne peut pas dire que les pouvoirs publics se soient désintéressés de la question. Dans le cas de la France la loi du 10 juillet 1987 a imposé aux sociétés d’au moins 20 salariés de recruter au moins 6% de travailleurs en situation de handicap, mais les employeurs trouvent plus simple et sans formalités ( lesquelles devraient être simplifiées au 1er janvier 2020), de verser une contribution financière à l’Agefiph(1). D’autant que les difficultés recensées par l’Association France Handicap sont nombreuses en fonction des difficultés : accès aux moyens de transport, aux emplacements de travail, aux établissements scolaires. … D’autres initiatives, d’après le Monde, ont eu lieu : Un comité national de suivi et d’évaluation de l’emploi pour les personnes handicapées vient d’être créé, il faut attendre pour voir son activité. D’autre part, certaines entreprises en Bretagne adaptent leurs moyens de travail en fonction de la capacité des salariés (2). L’Europe s’est également intéressée à ce problème (3).

Les choses changent peu à peu. En fait, il ne suffit pas de prendre des textes pour régler le problème. Il faut avant tout changer les mentalités : Faire comprendre aux chefs d’entreprises qu’ils doivent adapter leur outil de production aux besoins de certains salariés et ne plus les considérer comme inutiles. Toutefois, ce que l’on peut craindre dans ce monde de plus en plus technique, qui exige des formations complexes, que beaucoup de salariés handicapés ne puissent les utiliser. Les chercheurs créent des systèmes sophistiqués mais ne se soucient pas de leur utilisation. Alors nous dirigeons nous vers un monde où seule une élite technique aura droit au travail «efficace» et les autres aux sous- produits ? Au lieu de passer leur temps à discourir sur des sujets sans intérêt, gouvernement, syndicats, associations feraient mieux de s’occuper des problèmes auxquels beaucoup de salariés risquent d’être confrontés demain.  

(1)    (1)AGEFIPH, Association de gestion du fonds pour l’insertion des personnes handicapées ;

(2)    (2) D’après le Monde du 3 décembre la ville de Pipriac ;

(3)    (3) UE, Textes en faveur des droits des personnes handicapées, article 13 du Traité d’Amsterdam, Charte des droits fondamentaux de l’Union Européenne, adoptée à Nice le 7 décembre 2000, article 21 ; en 2003 année Européenne des personnes handicapées ( AEPH) ; Convention des Nations Unies relative aux droits des personnes Handicapées (CNUDPH) ratifiée par la France en 2010 et intégrée à son ordre juridique depuis le 5 janvier 2011.