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II - Malthus et le club de Rome

Article de M. Roland Walter - ancien Professeur associé à Dauphine, intervenant à l'ESSEC

Comme nous l’indiquions dans la précédente chronique, à l’époque où Malthus vivait, en pleine révolution industrielle, il ne s’est certainement pas trompé... 

 

 

Mais le 20ème  siècle, après la période de guerre dévastatrice, a connu des améliorations techniques quelques efforts des Gouvernements et des instances internationales, permettant une amélioration apparente de la production des biens et pour de leur répartition. Toutefois sommes-nous en présence d’un équilibre durable ou d’une embellie passagère ? Avec 10 milliards d’habitants en 2100, Malthus aurait-il raison à terme ? Oui si notre comportement ne change pas, comme prévu par le Club de Rome.

Le rapport du Club de Rome (1) publié en 1972 qui a fait l'objet de nombreux commentaires « Halte à la croissance », remettait en cause toutes les données de base sur lesquelles repose notre économie. Produire toujours plus sans se soucier de la limitation des ressources et de la dégradation de notre environnement : effet de serre, épuisement des ressources...Les conclusions du rapport évaluaient à 60 ans l'effondrement du système, erreur, mais simple report dans le temps. ? En 2012 le Club de Rome a publié une mise à jour de son rapport (2), cette fois aucun écho. Le nouveau rapport prédisait que « si l'humanité continue à consommer plus que la nature ne peut produire » l'effondrement économique pourrait avoir lieu vers les années 2030, avec les conséquences sur la population. D'autant que la course à la croissance continue : recherches pétrolières en méditerranée profonde, exploitation des gaz de schistes, recherches dans l'Arctique...Peu à peu un certain nombre de personnes ont pris conscience de l’urgence de ce problème. Le dernier rapport du GIEC (3) qui porte sur l’utilisation des terres et le système alimentaire mondial a présenté ses conclusions sur « la nécessité d’assurer la sécurité alimentaire d’une population mondial croissante et la lutte contre le réchauffement ». D’autres opérateurs interviennent également, surtout les jeunes qui demandent des mesures concrètes : fermeture des centrales à charbon, (4) interdiction à terme de l'usage du gas-oil, développement de l'électricité ou de l'hydrogène dans les transports, lutte contre la pollution de la mer… certes, la conquête de la lune et d'autres découvertes spatiales nous ouvrirons peut- être de nouveaux mondes...Club de Rome, GIEC, les gouvernements maintenant doivent agir, sinon il sera trop tard…

(1) Connu sous le nom de rapport Meadows en 1972, et (2) celui de Graham Turner en 2012 commandés par le Club de Rome et exécutés par le MIT. (3) Le GIEC, voir le Monde du  08/08,   « groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat »Dans leur rapport ils étudient la façon dont la modification de l’usage des sols joue sur le climat, le système alimentaire mondial en particulier la consommation de viande, la lutte contre la désertification, le rôle des femmes et des communautés autochtones, l’obligation de limiter le réchauffement de la planète, l’intérêt des puissantes industries agro-alimentaires, et forestières, alors que 820 millions de personnes souffrent de la faim et que 2 milliards d’individus sont obèses. (4) Les Etats Unis et la Chine continuent de polluer avec les centrales à charbon, le gaz de schiste, mais compte tenu de leur puissance militaire…