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Lutte contre le chômage de nouveaux moyens ?

Article de M. Roland Walter - ancien Professeur associé à Dauphine, intervenant à l'ESSEC

Après une période de destruction intervient toujours une période de reconstruction, sans chômage, sauf un volant incompressible. Tel fut le cas de la France jusqu’aux années 1970...

 

 

... Ensuite peu à peu le chômage s’est développé, pour devenir un chômage de masse qu’aucun gouvernement n’a pu maîtriser. ()

La carte de l’Insee (2) fait apparaître deux choses : globalement le chômage a régressé, de l’ordre de 8,7 % de la population active actuellement pour la métropole, l’amélioration est certaine. Par contre si l’on regarde la carte de plus près on s’aperçoit que deux régions sont toujours en sous- emploi : le Nord Pas de Calais et la frange méditerranéenne. Ce sont des régions qui ont perdu depuis longtemps l’industrie et le petit artisanat. Les zones côtières et la région parisienne ayant un sort plus favorable.

Devant cette situation le gouvernement a réagi (3) en décidant dans un premier temps de demander au patronat et aux syndicats de trouver une solution établie en commun.  Ce fut un échec, d’où la décision de régler le problème. Le projet est plus contraignant que la situation actuelle, pour bénéficier de l’assurance chômage : actuellement il faut avoir travaillé au moins quatre mois sur les vingt- huit antérieurs, désormais ce serait six mois sur les vingt- quatre antérieurs ; le temps pour recharger ses droits, lorsque le salarié retrouve un emploi, serait allongé ; instauration d’une dégressivité de l’indemnisation, avec un plancher,  pour ceux qui bénéficiaient de hauts revenus ; instauration d’un bonus -malus pour les entreprises en fonction du turn-over de leurs salariés bonus de 1,05 point des cotisations, malus  majoration de 0,95 point, serait surtout visée l’hôtellerie-restauration pour les CDD courts et  dits d’usage, prélèvement de 10 € pour lutter contre la précarité de certains CDD. En contrepartie des dispositions seraient prises pour que les salariés d’une formation sur mesure ou avec accompagnement intensif. Mise en place de cette réforme entre novembre 2019 et avril 2020.

Deux remarques : Comment syndicats et patronat n’ont-ils pas compris qu’ils devaient abandonner leurs dogmes, et leur idéologie ? Cela montre qu’en France le compromis ne fonctionne pas. Deuxièmement, si ces textes sont appliqués le chômage baissera mais ne disparaîtra pas du moins dans les zones faiblement urbanisées où les nouvelles formations sont un leurre. Il faut ouvrir de nouveaux chantiers et sans oublier les gens du troisième âge, aider les jeunes à se former.

(1) François Mitterrand « on a tout essayé » (2) publiée dans le Monde du 25 juin ; (3) projet analysé dans le Monde du 19 juin.