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Plein emploi, mais… emploi de qualité ?

Article de M. Roland Walter - ancien Professeur associé à Dauphine, intervenant à l'ESSEC

La lutte contre le chômage, en particulier le chômage de masse, est présente dans tous les pays développés depuis la fin de la période de reconstruction qui a suivi la deuxième guerre mondiale... 

 

 

... Mais le problème est permanent dans tous les pays, y compris ceux qui sont en voie de développement. Avoir un emploi rémunéré est pour beaucoup de personnes ou de familles le moyen de vivre. Travailler c’est bien mais dans quelles conditions ?

Dans un article récent, le Monde (1) a publié l’article suivant« Le travail décent, un enjeu mondial ». Reprenant les travaux de l’OIT, le rédacteur souligne le nombre de travailleurs qui doivent dans de nombreux pays (Afrique, Moyen Orient, Inde, Madagascar …), exercer leur activité dans des conditions effroyables pour des revenus dérisoires, dans des entreprises déclarées ou non, ce qui interdit souvent toute protection sociale et bien évidemment une vie décente. Des organismes comme l’OIT essaient d’améliorer le sort de ces populations, ce qui n’est pas évident, surtout dans ces pays où règne la corruption ou la guerre.

En face de ce monde de la misère, le monde des riches décrit par David Graeber (2) analysant les « Bullshit jobs, qu’il classe en deux catégories : Les « jobs à la con et les jobs de merde ».  La première catégorie correspond à tous les travaux rémunérés, mais parfaitement inutiles, les seconds à des travaux sans aucun intérêt, rémunérés pour une misère. Cette analyse est valable essentiellement pour le monde développé, le monde de riches qui crée des emplois sans aucune nécessité. L’auteur classe parmi les jobs à la con les larbins, les porte-flingue, les rafistoleurs, les cocheurs de case… Certes, les riches romains ne travaillaient pas, de même que les nobles espagnols après la conquête de l’Amérique, mais ils étaient peu nombreux, même s’ils étaient inutiles.

Bientôt 12 milliards d’individus sur terre, comment faire coopérer ces deux mondes sans tendre à une révolte générale ou à un régime de fer ?

( 1) 24  mai 2019 «Le travail décent », un enjeu mondial ;

(2) Bullshit jobs de David Graeber, professeur américain, édition Les liens qui libèrent, ouvrage signalé dans Le Monde. Définition : « Un job à la con est une forme d’emploi si totalement inutile, superflue ou néfaste, que même le salarié ne parvient pas à justifier son existence ». Les « jobs de merde » sont tout simplement de sales boulots.