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Contrats de travail flexibles…

Article de M. Roland Walter - ancien Professeur associé à Dauphine, intervenant à l'ESSEC

Flexibilité, mot très à la mode depuis quelques années, on le trouve surtout comme référence dans le monde du travail. Est-ce vraiment la solution ?...

 

 

On était habitué en France à des contrats de travail bien établis : le CDI, contrat à durée indéterminée, assurant une garantie pour le salarié ; le CDD, contrat à durée déterminée, limité dans le temps avec des garanties inférieures pour le salarié, en particulier sur la rémunération et surtout lors de la fin du contrat ; enfin il faut signaler les contrats d’intérim utilisés par les entreprises pour des remplacements dus à une maladie, une maternité pour assurer la continuité de l’exploitation.

Ces contrats existent toujours, mais depuis la crise de 2008 on a vu se développer un nouveau type de relations entre travailleurs et entreprises, surtout en Angleterre mais en France également, que l’on appelle des contrats courts : salariés embauchés pour quelques jours, quelques heures, devant répondre à la demande de l’employeur, on les trouve dans l’hôtellerie, la restauration, l’hébergement médico-social, les instituts de sondage…

Cette situation est très préoccupante. Dans un article du 26 mars 2019 (1), Le journal le Monde a longuement décrit cette situation. Patronat et syndicats n’ont pas trouvé de terrain d’entente après trois mois de discussion. Le gouvernement reprend l’affaire pour la traiter lui-même, mais quelle solution pourra-t-il présenter, les parties intéressées étant franchement opposées. Quand on voit la situation en Grande Bretagne, exposée dans l’article du Monde, on ne peut qu’être inquiet.

On se dirige vers un monde du travail complètement fragmenté. En haut de la pyramide les agents bien formés aux techniques actuelles, en dessous la grande masse des salariés avec des contrats type CDI ou CDD mais bénéficiant d’une protection juridique. En bas de la pyramide un « lumpen prolétariat » comprenant ceux qui n’ont pas de formation, pas de ressources personnelles, soumis à une exploitation totale. Il faut absolument leur trouver un statut qui les protège, patronat et syndicats devant faire une partie du chemin l’un et l’autre, car le travail flexible, certes, mais des travailleurs sans protection face à un patronat dominant ce n’est pas acceptable.

  1. Le Monde du 26 mars 2019 « Dans la jungle des contrats courts ».