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I. Le royaume -Uni de grande Bretagne et d’Irlande du Nord éclaté ...

Article de M. Roland Walter - ancien Professeur associé à Dauphine, intervenant à l'ESSEC

Quel avenir pour ce Royaume ? On aura peut-être une idée un peu plus précise dans un mois. Comment en est-on arrivé là ? Le Général de Gaulle  avait dit « non » pour son entrée dans l’Union Européenne, le Président Pompidou  avait  fait le pari contraire, est-ce de Gaulle qui avait raison ?...

 

 

... Difficile à dire,  car en une trentaine d’années, l’Angleterre s’était familiarisée avec l’UE et quand on connaît les pratiques Bruxelloises, non seulement la langue anglaise avait supplanté le français, mais les anglais étaient impliqués dans la plupart des Commissions, et ils avaient infléchi de nombreuses décisions parmi les 28 membres de l’UE, accepté la TVA, mais accepté  également une bonne partie des décisions de la Cour de Justice européenne. (CJUE).

Comment est-on  arrivé dans cette situation ? Après son adhésion en 1975 ? Le Royaume Uni semblait avoir pris sa place dans l’Union Européenne. Comme toutes les nations démocratiques, des tensions internes existaient, mais il a fallu le vote de l’année 2016, celle du Brexit, pour que la situation conduise à cette séparation. La première Ministre, Teresa May, a essayé de trouver un accord avec Bruxelles pour garder des liens avec l’UE, mais le problème Irlandais a fait échouer la proposition d’accord présentée par Michel Barnier pour l’Union européenne, à savoir mise en place d’un « backstop » (1) ou « filet de sécurité » qui permettrait le maintien du marché intérieur, et surtout la libre circulation des marchandises et des personnes entre l’Irlande et l’Irlande du Nord. Cette proposition d’accord a été rejetée par le Parlement britannique le 15 janvier 2019 craignant que cette situation corresponde à une réunification de l’Irlande, problème hautement sensible outre-manche. Dés lors d’autres propositions se sont faites jour, comme celle d’un nouveau referendum, refusé par les parlementaires à ce jour.

Si le 29 mars à minuit aucun accord n’est trouvé, on sera en présence d’un « no deal »  c’est à dire une rupture brutale Royaume Uni / Union européenne, avec les conséquences que l’on imagine : remise en place de barrières douanières, difficultés pour les échanges de marchandises, pour les transports trans- manche, problèmes pour l’alimentation en médicaments…et surtout le l’existence d’une nouvelle frontière entre les deux Irlande, ce qui pourrait remettre en cause l’accord de paix du vendredi saint de 1998  qui a ouvert la frontière entre les deux pays. En cas de no-deal, que deviendrait le Royaume Uni et quelles seraient les conséquences pour l’UE ?

(I) Back stop ou filet de sécurité. Il assurerait le maintien d’une frontière ouverte, pour les biens et les personnes, dans l’attente de l’accord sur la future relation entre l’UE et Londres, à condition d’un accord conclu avant le 31 décembre 2020.