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Réformer la France mythe ou réalité...

Article de M. Roland Walter - ancien Professeur associé à Dauphine, intervenant à l'ESSEC

On a consacré plusieurs articles à cette question qui paralyse la France depuis plus de trois mois, tous les samedis des hommes et des femmes défilent à Paris et dans les grandes villes de province, certains cassent du matériel urbain, des biens privés comme les voitures...

 

 

le gouvernement mobilise CRS et gendarmes en vain ! Les maires de nombreuses villes s’écrient que cela ne peut plus durer devant les pertes de recettes, en particulier pour les commerçants, et compte tenu du coût des déprédations.

Dans son désir de réformer tout et vite, le gouvernement a commis des erreurs, sans percevoir le malaise profond que ressentait une partie de la population. La France n’est pas le seul pays en Europe dont le pouvoir d’achat d’une partie de la population, la plus démunie, n’a pas augmenté au cours des dernières années alors que les prélèvements fiscaux, eux, ont augmenté. La France du XXIe siècle n’est plus celle de 1950, augmenter le coût des carburants, alors que beaucoup de personnes doivent faire de la route pour joindre leur lieu de travail était une erreur, de même que la hausse de la CSG, en particulier pour les retraités.

A cela s’ajoute l’inertie des précédents gouvernements, occupés surtout d’idéologie plutôt qu’être à l’écoute de la «France profonde», et ce goût français pour l’égalité, déjà lors de la révolution de 1789,  exacerbé par les revenus de certains en particulier dans les nouvelles technologies.

Alors ne rien faire ? Si, mais pas tout « en même temps» : Modifier le statut de la SNCF, réformer le Bac et l’entrée dans les Universités, modifier le mécanisme du versement de l’impôt, réformer la Constitution...tous ces sujets sont importants mais ils devaient être traités dans le temps,(1) le quinquennat dure cinq ans...En outre pour les mettre en œuvre il fallait des alliés en province expliquant les objectif du gouvernement, ce qui était indispensable dans un pays bloqué comme la France, et obtenir l’appui des autorités locales, en particulier les maires. Une formation, oui,  mais une véritable formation politique, impliquant encadrement démocratique qui permette à chacun de voir que cette France « frigide » ne pourrait pas satisfaire les jeunes qui assistent à ce triste spectacle, la France de demain peut et doit comme le disait François Mitterrand, être une réalité et non un mythe, soyons optimistes…

(I) Comme le disait François Mitterrand « il faut laisser du temps au temps ».