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La souffrance au travail…

Article de M. Roland Walter - ancien Professeur associé à Dauphine, intervenant à l'ESSEC

Dans un article récent (I), le Monde faisait état du malaise de plus en plus grand pour nombre de salariés dans l’exercice de leur activité, qui se manifeste par des absences, des maladies (2). L’ampleur de ce phénomène est inquiétant...

 

 

 

De tous temps les salariés ont subi des contraintes, des vexations, des rejets par leur hiérarchie, par leurs patrons. Elles étaient certainement moins sensibles dans un monde largement rural ou existait encore une certaine convivialité. La révolution industrielle a été impitoyable, il fallait produire, se battre où être éliminé. Dans ce monde industriel tous les salariés pouvaient être atteint, mais c’est surtout au niveau de la production que la concurrence, la jalousie, les petits chefs étaient à l’origine des drames personnels, à une époque où les moyens de se défendre n’existaient pas encore.

Maintenant ce sont des responsables, des cadres, des médecins…qui font état de leur désarroi face à un monde du travail  inhumain, où la concurrence et la tension sont permanents, où seuls les forts subsistent. Ces salariés consultent des avocats, des médecins, lesquels atténuent leurs problèmes, mais ne les résolvent pas, même si des organismes comme le CNAM ou des mutuelles comme l’ASTI ou le STRAP  interviennent de plus en plus dans ces problèmes peu connus il y a encore 50 ans. Les médecins accordent des jours de congé, mais c’est le monde du travail qu’il faudrait changer ...

Certes il y a l’apparition sans cesse de nouvelles technologies, mais il faudrait d’abord rétablir la communication entre salariés et hiérarchie, à savoir que les responsables ne prennent pas les décisions en solitaires mais après une discussion entre tous les salariés impliqués dans un problème. Cela veut dire que les chefs abandonnent une partie de leur pouvoir absolu, et évitent d’humilier pour le plaisir. Cela pourrait améliorer les relations du travail, mais cela ne résoudrait pas le problème de la « surchauffe » auxquels sont soumis nombre de travailleurs, car le goût de la domination est partout, il faut produire plus, plus vite pour confirmer sa place ou disparaître..(voir l’importance des empires USA,URSS,Chine...). Dés lors la pression sur les dirigeants politiques et économiques est telle qu’ils ne peuvent que la transmettre à tous les échelons des travailleurs.

Il faut pour cela préparer les jeunes à un combat continu, ce qui ne veut pas dire sans règles, mais il faut leur faire comprendre que les techniques changeront encore et qu’il faut lutter pour être parmi les meilleurs sans oublier ceux qui souffrent.

 Alors vision pessimiste du monde du travail de demain ? Non, il ne  faut rêver, le travail peut apporter des satisfactions, mais il comprendra toujours des contraintes et un monde apaisé n’est certainement pas pour demain.

 

( I) Le Monde du 10 janvier 2019;

( 2) Absentéisme : l’alerte rouge, Fabien Piazzon, Ayming institute éditeur ;