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I . Peut-on réformer la France ?

Article de M. Roland Walter - ancien Professeur associé à Dauphine, intervenant à l'ESSEC

Cette question n’est pas nouvelle et le titre repris d’un colloque du Club des juristes qui s’est tenu en janvier 2015 à l’Université Paris I (I). Dans son introduction le Président déclarait « Faut-il réformer la France, comment réformer la France ? »...

 

 

... Les questions auxquelles nous sommes confrontées aujourd’hui étaient évoquées à l’époque, aujourd’hui c’est la rue qui les exprime et comme toujours de façon violente.

Le Premier Président de la Cour des comptes, optimiste affirmait  à cette occasion« La France doit se réformer, c’est indéniable. Je sais que la France peut se réformer à condition que les efforts de l’ensemble des collectivités publiques portent sur des objectifs d’intérêt général, que chacun accepte de porter une part de ces efforts(2) ». Les raisons du mécontentement sont connues et Laurent Berger, lors de cette réunion, en a fait une rapide énumération : « le poids du chômage, la précarité, le décrochage économique, le fait que notre modèle ne réponde plus aux défis à venir, le fait qu’on n’ait pas défini de perspective d’avenir entre nous, le fait qu’on n’en n’a pas pour notre argent ». Depuis trente ans ou plus les gouvernements savaient que nous étions dans une impasse, alors pourquoi cette inaction ?

Raymond Aron (3), disait « La France est un très beau pays  qui adore les réformes mais qui ne sait faire que des révolutions ». Les gilets jaunes et leurs manifestations ne sont peut-être pas les prémisses d’une révolution ,mais ils constituent une révolte, au moins pour le moment. Le Président de la République avait annoncé lors de son élection qu’il allait réformer la France, mais la coupure entre la « France d’en haut et la France d’en bas» est plus marquée que jamais. Il faut recréer un lien entre pouvoir central, régions et citoyens. Mais comme on l’a déjà dit, on ne change pas la société par décret. Les nouvelles techniques ne doivent pas être réservées à la France d’en haut, il faut qu’elles se diffusent dans le corps social, que les français comprennent que les réformes en cours deviennent un objectif commun pour la France de demain et que briser des vitrines ne peut constituer un idéal commun. Mais, mieux répartir la richesse nationale et avancer progressivement, sont une obligation et non pas vouloir tout faire en même temps...

(1) le Club des juristes, Université de Paris I ;

( 2), Didier Migaud Premier Président de la Cour des Comptes ;

(3),  Raymond Aron philosophe, historien, journaliste, mort en 1983.