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L’Economie Circulaire, une idée neuve ?

Article de M. Roland Walter - ancien Professeur associé à Dauphine, intervenant à l'ESSEC

 Le gouvernement, les médias parlent beaucoup ces temps-ci «d’économie circulaire». Est-ce une mode ou un sujet vraiment nouveau ? ...

 

... En fait, un certain nombre de réalisations existent déjà, mais les questions d’écologie sont de plus en plus urgentes. Comment définir cette nouvelle approche ? On est en présence de deux modèles économiques : Le modèle linéaire, celui de tous les pays, dans lequel on « fabrique, on consomme et on jette », et le modèle « circulaire, on consomme modérément, l’usage des produits est plus longue, on évite les gaspillages et les déchets ne sont plus abandonnés mais recyclés ».

Dans une déclaration récente, la secrétaire d’État auprès du Ministre d’État, chargé de la transition écologique et solidaire, a exposé cinquante mesures appelées à changer «le modèle écologique, sociétal et économique » et rappelé que «l’urgence pour l’humanité est de prendre conscience de la rareté. Si nous continuons sur ce rythme de production et de consommation, les hommes feront face à une pénurie des ressources ». Elle reprend des critères bien connus : mieux assurer le tri des déchets, fixer des objectifs de remploi, de réutilisation et de réparation, adapter la fiscalité pour que la valorisation des déchets soit moins chère, accompagner les entreprises pour que d’ici 2020 elles réduisent leur consommation de ressources et valorisent les déchets (en liaison avec les recommandations de l’ADEME 2). En fait rien de bien nouveau, certaines de ces dispositions étant déjà appliquées, d’autant, comme le souligne le Monde (1), les mesures préconisées sont uniquement incitatives.

L’Institut Montaigne qui a publié un ouvrage sur l’économie circulaire (3), en donne une définition et apporte des précisions « La transition vers une économie circulaire, c’est l’ensemble des actions et transformations qui permettent de poursuivre la création de valeur pour les différents acteurs économiques (dont les consommateurs finaux) en préservant le capital naturel et en utilisant de moins en moins de ressources existant en quantité limitée qu’elles soient non renouvelables ou qu’elles se renouvellent à un rythme trop lent par rapport à leur consommation ». Les rédacteurs insistent sur trois points importants ; l’économie circulaire n’est pas une économie de la décroissance «elle n’implique pas de ralentir la croissance économique ou de réduire les bénéfices reçus par les consommateurs finaux », en outre elle est source de collaborations accrues entre acteurs et n’est pas forcément locale (exemple les recyclages des pièces d’avions).

Lorsque les auteurs du Club de Rome ont déclaré en 1972 : halte à la croissance, notre monde est fini, les ressources ne sont pas disponibles à l’infini, leurs analyses ont été fraîchement accueillies, et pourtant cinquante ans après, on y revient obligatoirement !  Toutefois, les belles intentions seront-elles suivies d’effets ? Quand on voit la manière dont certains continents comme l’Afrique sont soumis au pillage, on peut rester perplexes jusqu’au jour où... 

(1) Le Monde du 23 / 5 / 2018 ;

( 2) ADEME L’agence de l’environnement et de la maitrise de l’énergie ;

(3) Economie circulaire, « Réconcilier croissance et environnement ». Institut Montaigne novembre 2016.