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I. Brexit, sortie de l’UE dans sept mois ?

Article de M. Roland Walter - ancien Professeur associé à Dauphine, intervenant à l'ESSEC

Les mois passent les discussions continuent à Bruxelles, à Londres, dans toutes les capitales européennes, car mars 2019, date limite de la coupure Grande Bretagne-Europe,  c’est demain et toujours pas de solutions...

 

 

... Pourquoi ce retard et cette absence de décisions ? En fait la crise née du Brexit de juin 2016 est loin d’être terminée. (1).

- La rupture entre l’Angleterre et le Continent était inattendue, certes on ne pensait  pas qu’une majorité écrasante confirmerait le maintien de l’Angleterre dans l’UE, mais une rupture paraissait impensable ;

-Cette crise est le reflet d’un problème que l’on retrouve dans de nombreux pays : les métropoles se développent, de plus en plus internationales alors que les campagnes et les villes secondaires se sentent abandonnées, les prises de position de Bruxelles, parfois surprenantes, étant de plus en plus contestées ;   

La première Ministre Anglaise, Teresa May,  voudrait une rupture douce avec l’Europe (position contestée par deux ministres qui ont démissionné), afin de conserver des liens étroits avec les anciens partenaires.

Dans le Livre blanc, publié courant Août, les positions exposées sont les suivantes :

- Etablissement d’une zone de libre échange pour les biens, pour maintenir «un commerce sans friction » entre Europe et Grande Bretagne, ce qui conduirait à un « arrangement douanier simplifié » pour éviter les difficultés entre l’Irlande du Nord et la République d’Irlande. Cela paraît simple, mais seule la pratique courante… ;

- Fin de la libre circulation pour les personnes, avec la mise en place de « règles communes » afin de s’éloigner des normes européennes, ce qui devrait permette à la Grande Bretagne de ne plus se soumettre aux décisions de la Cour de justice Européenne ;

- Toutefois, la liberté pour les services conduirait à la fin du « passeport Européen » qui permettrait d’intervenir librement sur le continent européen, ce qui nuirait beaucoup à Londres en tant que place financière internationale ;

- Certaines activités resteraient privilégiées : politique de défense, avec maintien de la participation aux agences Europol et Eurojust, développement des accords de « coordination » et pour des actions militaires des deux côtés de la Manche.

 Programme ambitieux, sera-t- il finalement accepté par les parlementaires  britanniques  et les citoyens qui ont voté pour un Brexit ? Quelle sera la position de l’Europe des vingt-sept ? En fait Teresa May voudrait éviter toute rupture brutale qui conduirait à une situation imprévisible pour les deux partenaires, mais avec une majorité de quelques voix a-t-elle une chance de réussir ?

 ( 1)  Analyse des documents anglais présentée par Ouest France.