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Quelles frontières pour quelle Europe ?

Article de M. Roland Walter - ancien Professeur associé à Dauphine, intervenant à l'ESSEC

Bruxelles c’était hier, un accord a été négocié mais la situation est toujours incertaine, un certain nombre de pays s’opposant de plus en plus à l’accueil des migrants...

 

 

- L’Allemagne, dont la politique a été en 2015 la plus favorable à l’accueil des migrants, a dû changer de politique sous la pression bavaroise de la CSU, au risque d’une crise gouvernementale. Angela Merkel a dû accepter la position suivante : les demandeurs d’asile seront refoulés s’ils ont déjà été enregistrés dans un autre pays. Ils ne seront pas installés dans des centres de transit, mais leur cas sera examiné dans des postes de police à la frontière avec l’Autriche sous 48 heures  pour savoir dans quel pays leur situation doit être examinée. Ces pays, c’est à dire la Grèce, l’Italie et l’Espagne doivent opérer cette formalité, en cas de refus ils seront expulsés d’Allemagne. L’Allemagne et l’Autriche ont réglé leur problème, mais quel sera le sort des migrants refoulés d’Allemagne si aucun pays ne veut les accueillir ?

- L’Italie s’oppose toujours à toute entrée de migrants, acceptera-t-elle d’examiner les demandes d’asile ? Que feront la Grèce et l’Espagne ? La France a fait savoir qu’elle n’accepterait pas la création d’un centre contrôlé sur son territoire. Quid des plateformes de débarquement  dont la Tunisie, le Maroc et la Libye ont fait savoir qu’ils n’en voulaient pas ?

- Le groupe de Visegrad a obtenu lors des discussions de Bruxelles que la répartition des réfugiés ait lieu sur une base volontaire,  comment pourra-t-elle avoir lieu ?

Créer des centres de transit, essayer d’obtenir des accords d’un pays européen n’arrêtera pas ceux qui tentent de venir en Europe, bien que d’après une source syndicale allemande, seule la moitié des migrants de 2015 auraient trouvé un emploi...c’est en amont qu’il faut intervenir, ce ne sont pas des centres de transit mais des « zones de création d’activité » que les pays européens  doivent aider à implanter. Dans le cas contraire l’émigration continuera, le problème des OMG, les noyades et l’Europe, entourée de frontières protégées, risque, quoi qu’en dise Angela Merkel, de devenir une forteresse...