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Brexit, quitter ou ne pas quitter l’UE ?

Article de M. Roland Walter - ancien Professeur associé à Dauphine, intervenant à l'ESSEC

Le 24 juin 2016 beaucoup d'Anglais et d'Européens se sont réveillés stupéfaits : à 52 % les électeurs avaient voté pour la sortie de l'Angleterre de l'union Européenne...

 

 

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... Le Londres de la finance et les grandes villes avaient voté pour le maintien dans l'Union, ce sont les campagnes et les villes secondaires qui ont souhaité que la Grande Bretagne reprenne son indépendance. On retrouve le même phénomène qu'en France où les campagnes et les petites villes qui ont le sentiment d'être abandonnées la mondialisation, la rupture des circuits traditionnels au profit des mégapoles ont fait place à un ressentiment durable.

La sortie officielle est prévue pour le 20 mars 2019, enfin la liberté ! Mais compte tenu de la difficulté des négociations, Madame May (Première Ministre) a demandé que la date soit reportée à la fin 2019 suivie d'une période de transition en 2020. Car si le problème du coût de la sortie est à peu près résolu, certaines questions ne sont toujours pas tranchées, comme les futurs liens entre l'Angleterre et l'Europe continentale ?

 Quelle sera la situation des travailleurs étrangers souhaitant demeurer en Angleterre, des Anglais en Europe, des entreprises anglaises établies dans l’UE et de celles implantées en Grande Bretagne, et la question de l'Irlande du Nord, qui n'a pas souhaité se séparer de l'UE…

En présence de cette situation, on assiste à une querelle en Grande Bretagne entre les tenants d'un Brexit dur et ceux qui demandent un nouveau referendum en présence des risques économiques et sociaux pour leur pays. Un nouveau vote paraît peu vraisemblable, d'autant que le résultat demeure incertain.

Toutefois deux remarques :

- il a fallu des mois pour que les partisans du maintien dans l'UE réagissent ;  

 - dans une chronique précédente, on a rappelé que l'indépendance des régions était un leurre sur le plan économique et dans les relations avec les autres pays, il en est de même pour une nation.  A noter que Madame May a assoupli sa position sur certains points(1), mais encore une fois les politiques qui ne croyaient pas à cette séparation n'ont pas fait le travail d'explication nécessaire. Les conséquences du Brexit seront importantes pour la Grande Bretagne, mais aussi pour les autres membres de l'UE...(2)

(1) Le Monde du 20 février. Londres respectera la compétence de la CJUE lors de sa future coopération avec l'UE.

(2) le Monde du 21 février. Conséquences pour les travailleurs, la pêche, Erasmus pour les étudiants, les incidences budgétaires...