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Les classes moyennes existent-t-elles encore (I)?

Article de M. Roland Walter - ancien Professeur associé à Dauphine, intervenant à l'ESSEC

Les classes moyennes, dont il n'existe aucune définition précise, restent pourtant, en France, une idée largement admise...

 

... Pourtant elles sont à l'origine de nombreuses controverses: ont-elles existé véritablement, ont-elles disparu ou au contraire sont-elles en voie de reconstitution sous d'autres formes ? Les chercheurs ont des approches différentes.  Dans son ouvrage sur les « Fractures françaises » Christophe Guilluy( 1), après avoir rappelé que le terme de classe moyenne est« emblématique de la période de croissance des trente glorieuses, de la méritocratie républicaine et de l'ascenseur social, elle apparaît aujourd'hui comme une classe refuge… la catégorie de ceux qui n'habitent pas dans les quartiers sensibles, les banlieues devenant les territoires de ceux qui n'accéderont jamais à la classe moyenne...(d'autre part) les classes moyennes inférieures se rapprochent des catégories populaires, partageant (avec elles) une forte insécurité sociale ».

D'après le sociologue Robert Rochefort «  la classe moyenne s'est émiettée »

Certains parlent de classes moyennes inférieures, intermédiaires ou supérieures, quel que soit le critère retenu, les plus défavorisées de ces populations gagnent « moins de 1800 € par mois, elles ont du s'éloigner des centres villes et des banlieues proches, compte tenu de la hausse du prix des logements ». Elles sont marquées par la crainte du chômage, le déclassement, le problème de l'immigration, et sans ascension sociale prévisible. Cette approche des classes moyennes est particulièrement sombre, elle serait l'exemple de la mutation de notre société. Elle n'est pas partagée par tous les analystes (voir II).

 

 

     ( 1), Fractures françaises, Christophe Guilluy, éditeur Flammarion, collection Champs.