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On reparle de l'inflation ?

Article de M. Roland Walter - ancien Professeur associé à Dauphine, intervenant à l'ESSEC

Les problèmes économiques changent de nature avec le temps. En 1960 /70,  le terme d'inflation était source d'inquiétude...

 

...pour les gouvernements, les entreprises, et les particuliers, la hausse annuelle des prix était permanente, pouvant atteindre 20 %, parfois plus. Les raisons : une demande de biens que l'offre ne pouvait satisfaire ou encore la pression constante des salariés pour obtenir des augmentations. Conséquences la valeur des biens ou des revenus ne bénéficiant d'aucune indexation (retraites, biens immobiliers, valeurs mobilières…), perdaient une partie de leur valeur. Par contre, l'inflation profitait aux déficits budgétaires, puisque leur monnaie, en monnaie courante, se dépréciait.

Cinquante ans plus tard ce n'est plus l'inflation qui effraie mais la déflation, c'est à dire une baisse générale des prix. En effet, le prix du pétrole est à son plus bas niveau actuellement, autour de 32 $ le baril, le chômage de masse limite les hausses de salaires, compte tenu du contexte international la demande stagne...Le Président de la BCE voudrait que dans l'UE l'inflation atteigne 2 %, alors qu'elle est inférieure à 1 %. Pour cela, la Banque Centrale rachète des dettes publiques et privées sur le marché (technique dite de quantitative easing, peut être jusqu'en 2017) ce qui permet d'augmenter les liquidités de monnaie et devrait  encourager les banques à prêter aux entreprises pour investir.

Certains pensaient que Mario Dragui, (Président de la BCE), pourrait annoncer le 3 décembre de nouvelles mesures lors de la réunion de la BCE, ainsi une augmentation du taux de dépôt négatif pour les liquidités que les banques laissent auprès de celle ci...

Seules les dispositions en place ont été confirmées : baisse du taux de refinancement des banques, maintien du rachat des dettes...cet arsenal sera-t-il suffisant pour permettre une hausse des prix modérée assurant une reprise de la croissance et un allègement de la dette publique ?  Dans le contexte international actuel on peut en douter...(voir les articles du Monde des 1,  3, et 5 décembre).